Olympe

Photos

« Tu devrais gravir l’Olympe » m’avait suggéré un ami grec. Nous étions à Théssalonique, en novembre 2015. J’étais venu en Grèce pour un projet sur le paysage politique dans une région que la météo rendait soudain inaccessible. L’exploration du mont Olympe, dont j’ignorais jusque-là l’existence géographique, vint inopinément s’y substituer.
La découverte de ce territoire se transforma en promesse poétique. Six fois je fis l’ascension, renouant à chaque occasion avec un état d’extrême présence au monde. Des images sont nées de cette expérience. Tout comme des visons oniriques, elles sont souvent énigmatiques et ouvertes à de multiples interprétations. Puis je les ai associées, hors de toute logique documentaire, avec d’autres images réalisées à la même période : un portrait de ma fille à Londres, et d’autres encore, pour créer des jeux d’échos secrets.
Combinaisons d’éléments disparates, ces photographies peuvent se lire comme des sortes de contre-images médiatiques. Il y avait la crise grecque, la crise des migrants, il y avait eu les attentats de Charlie, puis ceux du 13 novembre. De tous ces événements, je ne fis pas d’images. Olympe fut un contrepoint, une façon imprévue de répondre à la tragédie de l’histoire par son contrechamps.